Incursion en Oriente

Quito – Quito par l’Oriente (29.11-03.12.18)

Entre le départ de Nicole et Jean-Bernard, les parents d’Arthur et la venue de notre ami Laurent, il y a quatre jours. Quatre jours que nous mettons à profit d’une incursion en Amazonie, à Nuevo Rocafuerte pour être précis! Par un merveilleux hasard, nous obtenons le numéro de Fernando et organisons notre arrivée directement avec lui. Le voyage jusqu’à notre point de rencontre est déjà une expérience en soi. Après six heures de bus de nuit, nous embarquons sur la lancha pública pour huit heures de navigation supplémentaires. La brume accompagne notre embarcation pleine à craquer mais silencieuse en cette heure matinale. Nous nous laissons tous bercer une heure ou deux par notre capitaine manchot, la faute à la pêche à la dynamite, qui zigzague entre les bancs de sable du río Napo. Les occupants de la barque habitent tout au long de la rivière, parfois dans des villages, souvent dans des maisons isolées. Notre lancha rápida ne prend pas la peine de manœuvrer des arrêts pour chacun d’entre eux mais ralentit pour que les chaloupes particulières aient le temps de nous rattraper et récupérer un occupant à la James Bond, en sautant! Bientôt tous sont réveillés et la musique, hits du moment mélangés aux classiques équatoriens, augmente d’un cran. Le soleil est revenu, l’ambiance est bon enfant… Nous passons les nombreuses heures de voyage à lire. Sur conseil de mon ancien prof de géo, la plongée dans l’Amazonie a déjà commencé au travers des mots de Luis Sepulveda et de son livre Le vieux qui lisait des romans d’amour. Enchantés par cette histoire nous avons vraiment hâte d’y être…

… Et ne sommes définitivement pas déçus! Deux jours durant, nous prenons le pouls de cette immensité, de ce paradis faunesque et verdoyant, baladés comme des rois dans la barque de notre guide et sa femme, Laisa. Ensemble, nous descendons le Napo, jusqu’à la frontière péruvienne avant de nous engager sur le río Yasuni, jusqu’à l’entrée du parc éponyme. Les dauphins d’eau douce approuvent cette excursion et nous régalent de quelques apparitions discrètes. Fernando est un guide attentionné, patient et passionné. Il prend à cœur notre éducation sylvestre et tente de nous faire découvrir le plus de choses possibles dans le temps très court qui nous est imparti. Et il semblerait que nous ayons de la chance! Non seulement il fait un temps époustouflant, mais les singes, vipères, oiseaux muy raros y localistos, comme dirait Fernando sont de la partie. Peu connaisseurs, les plus marquants sont les oiseaux muy comúnes. Le héron cocoi, le hoazin huppé, le cassique cul-jaune et la grande aigrette, qui surgissent soudain devant notre barque, resteront dans nos mémoires. En deux jours, nous pouvons les adopter, reconnaître leur cri, leur nid… Nous regrettons seulement de ne pas avoir un téléobjectif pour rendre au plus prêt nos émotions, mais passons notre temps les yeux vissés aux jumelles. A quatre reprises, nous suivons Fernando dans la forêt. Là, il nous en apprend plus sur les vertus médicinales des plantes présentes et nous fait goûter feuilles, écorces amères, eau de liane et même fourmis au citron! 🙂

Au coucher du soleil, la forêt prend ses aises. Sur les eaux de la lagune Jatuncocha, elle gagne encore du terrain. La lune presque pleine ajoute un peu de mystère à cette nature fantastique et nous sommes définitivement envoûtés… Le rêve se termine au bout de deux jours lorsque nous retrouvons la quiétude de Nuevo Rocafuerte et le patron de l’hôtel Chimborazo, qui accepte de cuisiner les piranhas pêchés plus tôt dans l’après-midi.

Le lendemain, retour à Quito, la parenthèse est refermée, il est grand temps de retrouver nos vélos… et Laurent!

Sarah | 8 janvier 2018 | Rionegro | Kilómetro 18’490

Nos compagnons de voyage pour les huit prochaines heures dans la lancha pública pour Nuevo Rocafuerte.
Départ dans une brume tenace qui laisse planer le mystère un peu plus longtemps.
Proche de la frontière péruvienne, la région subit une forte présence militaire.
Le débarcadère de Nuevo Rocafuerte. Ici les barques sont le seul moyen de transport entre les villages.
Pas de voitures, seules deux camionnettes circulent dans le village: une pour les poubelles et l’autre pour les chantiers. Les motos et vélos viennent compléter le tableau…
Heure de pointe 😉
Ciel d’orage.
Le calme avant la tempête.
A l’embouchure du río Yasuni, les dauphins roses d’Amazonie nous accueillent avec enthousiasme.
Sous un soleil éclatant, les nids caractéristiques des cassiques cul-jaune (español: cacique lomiamarillo) se balancent au vent. Conçus comme de longs labyrinthes, ils sont sensés protéger les petits des prédateurs.
Fernando, bon obeservateur, découvre ce poussin de grand ibijau (nictibio grande), perché sur son tronc. Encore trop petit pour voler, il attend là le moment venu, en l’occurrence, le lendemain. 😉
Sarita devant une géante amazonienne, la lupuna.
Un figuier étrangleur à l’œuvre. Cet arbre prend naissance dans la cavité d’un autre arbre, puis s’ancre dans le sol grâce à ses racines aériennes. Dans certains cas, l’emprise du figuier est telle que l’arbre-otage meurt « étouffé ».
Notre guide Fernando en grandes explications avec Arthur.
Apparition fantomatique d’un héron cocoi (garzón cocoi), muuuy común comme dirait Fernando.
Soudain, les arbres s’agitent et nous nous approchons de la berge avec notre barque. Une bande de singes barizos et capuccinos s’en donne à cœur joie. Ici un capuccino.
La barque de Fernando avec laquelle nous nous déplaçons d’un coin à l’autre de la réserve.
Bain de chlorophylle…
Au bout d’un moment, nous débouchons dans une clairière. Alors que le sol de la forêt était jusqu’à présent recouvert de plantes de toutes sortes, ici il n’y a rien que quelques arbres. L’explication se trouve dans leurs branches. Des fourmis y ont installé leur nid. L’acide qu’elles utilisent pour décomposer les feuilles de l’arbre se répand au pied de ce dernier tuant tout sur son passage…
On les appelle fourmis de citron (hormigas de limón) en référence à leur goût. Il s’agit maintenant de tenter l’expérience. Et en effet! Ça ressemble beaucoup à du citron, buen provecho! 🙂
Un peu plus loin, d’autres fourmis sont en plein boulot à l’entrée de leur fourmilière. Les plus grosses ramènent les feuilles à l’intérieur pendant que d’autres beaucoup plus petites, les nettoient au passage. La fourmilière, souterraine, fait 5-6 mètres de diamètre et à la surface, la végétation a complètement disparu.
Au soleil couchant, la forêt s’étire encore plus loin qu’en plein jour.
Un héron cocoi prend un dernier bain de soleil à la tombée du jour.
Les singes hurleurs (monos aulladores) font leur apparition en même temps que la lune, presque pleine.
Miroir miroir, dis-moi qui est la plus belle? L’Amazonie pardi!
Coucher de soleil digne des peintures les plus kitsch!
Le repas du soir, concocté par Laisa, est presque prêt.
Dans la nuit, nous partons à la recherche de caïmans. Lampes frontales allumées, nous tentons de repérer leur yeux brillants dans le faisceau. Et ça marche! Ce spécimen qui nous semble plutôt petit, a en fait déjà 5 ans… et une bien bonne bouille! 😉
Le lendemain, le soleil est toujours de la partie. Quelle bande de veinards nous sommes!
Nous quittons la lagune Jatuncocha pour rejoindre le paradis des oiseaux, un réveil en douceur. Sur l’arbre au premier plan, les perroquets tentent un camouflage.
Fernando nous emmène ensuite visiter un « saladero ». Nous le suivons le plus discrètement possible dans la forêt, tout en pressant le pas. Quelle n’est pas sa déception lorsque, arrivés au pied de sa surprise, nous entendons la fuite des aras bleus (guacamayo azulamarillo) dans un grand fracas d’ailes. La cavité dans l’arbre au premier plan est un festin de minéraux pour ces oiseaux qui viennent ici par dizaines, offrant aux touristes de belles photos. Dommage! Nous attendons un peu qu’ils reviennent mais restent discrètement plus haut dans les branchages (au centre de l’image).
Grâce aux jumelles, il est quand même possible d’apprécier le magnifique plumage jaune et bleu des aras.
L’eau qui sort de cette liane est potable, de quoi nous rappeler les exploits de Mike Horn dans sa traversée de l’Amazonie.
Pour terminer ces deux jours d’excursion, nous pêchons des piranhas pour le souper. Des morceaux de poulet au bout d’un fil nylon nous essayons de les feinter, sans grand succès au début. Ils sont plus malins que nous; la viande disparaît sans que nous puissions les sortir de l’eau! Finalement nous en sortons deux, suffisant pour étudier leurs dents acérées! 😉
Après le paradis de Yasuni, nous sommes à nouveau confrontés à la réalité et à l’avance des prospections pétrolières le long du río Napo…

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