Equateur: les 2 hémisphères

Quito – Quito par la sierra et la costa (09-28.11.17)

Aller à la rencontre de deux cyclonautes en avion et en 4×4, c’est le télescopage spatio-temporel garanti. Nous, les parents d’Arthur, Nicole et Jean-Bernard, beaux-parents de Sarah, sommes sortis de notre tanière suisse pour faire le grand saut vers l’Amérique du Sud (25 heures sans s’allonger) et les retrouver dans leur périple continental. Ce jambon de la borne dans notre atlas ne nous attirait pas plus que cela, mais lorsque fut évoquée l’éventualité de retrouvailles, il a bien fallu se décider pour un point de chute en tenant compte des dates possibles, des saisons et des kilomètres parcourus à vélo, par Sarah et Arthur, sans parler de leur agenda de rencontres déjà planifiées entre collègues, frère, sœur et bon copain. Ce serait donc l’Equateur, aéroport de Quito, du 9 au 28 novembre 2017.
Notre séjour de trois semaines devrait se décomposer entre deux semaines de visites et excursions à deux avec un accompagnant-guide, Fabrizio, et d’une semaine de route libre avec Arthur comme chauffeur et Sarah comme navigatrice et interprète. Du fait que Patricia, la mère de Sarah et son mari Jean-Jacques les avaient retrouvés au Pérou en juillet en passant par l’Equateur, nous ne nous lancions pas en terrain inconnu. Grâce à eux, une partie de notre programme était tracée, en plus des suggestions de Fabrizio. Nous avons donc ciblé notre périple sur l’« allée des volcans », la porte de l’Amazonie et le Pacifique, sans négliger la visite de la capitale: Quito (2830m).
Notre périple, à l’arrivée à Quito, commence par la rencontre avec notre guide-accompagnant, Fabrizio, qui nous attend à l’aéroport pour nous amener à la Casa Rocafuerte de Carolina et de David, belle demeure ancienne avec patio et chambre avec suite. Le lendemain, récupération et acclimatation par une promenade dans le centre historique. Samedi, c’est jour de marché dans le monde entier: en Equateur, c’est à Otavalo qu’il faut être! L’après-midi, c’est Peguche qui nous dévoile sa cascade et ses jeunes gens qui adorent se faire mouiller pour impressionner leurs compagnes. L’atelier de tissage attenant est une initiation aux mystères de l’artisanat ancestral de cette communauté indienne.
Les jours suivants se passeront à parcourir cette portion des Andes faite d’une géologie volcanique particulière: on s’imagine des reliefs basaltiques noirs ou rouges, alors que la plupart des pentes des volcans, anciens ou récents, sont avant tout faites de cendres et de poussières compactées par le temps. Là-dessus s’ajoute une végétation, selon l’altitude, dense avec des arbres luxuriants, des bambous de 30 mètres et des cultures maraîchères dans les plaines ou de subsistance jusqu’à 4000 mètres. Les routes sont bonnes sur les grands axes, mais dès qu’on emprunte des voies latérales, elles rappellent celles que nos cyclonautes ont décrites au Pérou et en Bolivie: des pavés de basalte peu équarris ou des pistes de terre qui deviennent vite boueuses en cas de pluie.
Dans les parcs nationaux, nous essayons de voir de plus près les volcans mythiques: le Cotapaxi avec une grosse écharpe de brume autour du cou, le Chimborazo noyé dans une charlotte de ouate à couper au couteau et le Tungurahua daignant montrer une fumerole de vapeur. En fait, nous eûmes plus de succès avec les lagunas qui se sont formés au centre des cratères anciens et dont on peut faire le tour, soit aux abords, soit sur la crête circulaire, soit encore par barque sur le lac lui-même. Le plus connu est celui de Quilotoa (3854m) flanqué d’une station d’accueil touristique en plein développement.
Et pleine de surprises, car notre guide était de mèche pour organiser une rencontre anticipée avec nos enfants: Sarah et Arthur! Eux, sur la remontée vers Quito et nous sur la descente vers la porte de l’Amazonie (Baños). Quinze mois après leur départ de Marly, nous avions enfin le plaisir de les serrer dans nos bras et de rattraper le temps perdu en termes d’émotions, mais aussi d’échanger les infos sur le déroulement de leur vie sur deux roues pendant si longtemps, sur les événements banals ou marquants des derniers mois. Malgré des téléphones réguliers et les articles de leur blog, rien ne vaut le sourire de Sarah accompagnant le récit et le froncement de sourcils d’Arthur relatant un moment difficile.
Nous nous quittons avec le bonheur de pouvoir nous retrouver à Quito d’ici peu et nous poursuivons notre exploration très partielle de la porte de l’Amazonie. Comme accompagnante, Alexandra (23 ans) prend le relais de Fabrizio et nous fait découvrir les environs de Baños où ses parents tiennent un hôtel-restaurant de qualité. En un demi-jour, nous sommes de retour à Quito pour accueillir Sarah et Arthur, ainsi que Corinne, ma fille aînée, venant de Haïti, pour une semaine de descente et séjour au bord du Pacifique avec une voiture de location.

Après deux jours de récupération physique et mécanique -le vélo de Sarah n’avait plus qu’un frein depuis quelques semaines- et de visites ciblées à Quito, nous embarquons pour une plongée vers le Pacifique, tant désirée par tous. De reliefs en vallées, de plateau en parc botanique, d’oiseaux chamarrés, dont les colibris sont les rois -small is beautiful-, de variétés étonnantes d’orchidées, sans parler d’une concentration de papillons dans une serre réservée dont l’observation minutieuse fascine, nous arrivons au bord du Pacifique, sur une plage grisouille avec des pancartes: « Attention, œufs de tortues », alors qu’il n’y rien à voir: ni tortues qui pondent, ni œufs qui éclosent. C’est la nature absolue, sans parasols, ni marchands de glaces, heureusement.

Nous longeons la côte, de près, de loin, avec des hauts et des bas; nous traversons des villages et de petites villes qui reflètent la douceur de vivre en Equateur, l’esprit d’entreprise et de débrouillardise de cette population axée sur la mise en valeur des ressources agricoles, mais aussi des curiosités de cette région luxuriante dans un grand respect de la nature. Quelques traces du tremblement de terre de 2016 sont encore visibles, mais des maisons neuves antisismiques sont intéressantes à observer pour des ingénieurs comme Sarah et Arthur.

Enfin les journées de plage tant attendues sont possibles: promenade sur le sable, bain de soleil sous ciel voilé, encore plus dangereux pour la peau de Sarah, explorations diverses pour Corinne toujours à l’affût d’une découverte, natation et poursuite de crabes rouges sur sable blanc! Mais le point culminant est l’excursion sur l’île de la Plata découverte par les Espagnols au XVIe siècle, très brillante de loin, donc argentée, mais en réalité couverte du guano des oiseaux marins. Pour finir, on se jette à la mer avec masque et tuba pour observer de près les tortues, les raies et les bancs de poissons multicolores. Fascinant!

Cette semaine à cinq en famille fut pour nous, Nicole et Jean-Bernard, l’occasion de belles retrouvailles sur le plan personnel et familial. Un vrai roman de gare avec ses fous rires, ses révélations, ses non-dits enfin dits et ses complicités entre générations diverses. Pourquoi faut-il aller si loin pour découvrir le fonds des choses et des personnes? Relire Nicolas Bouvier quand on voyage est une nécessité: « La vertu d’un voyage, c’est de purger la vie avant de la garnir ».

Il faut rentrer, l’avion nous attend le lendemain soir. Départ de 0 mètre (Puerto Lopez), passage d’un col de 4000 mètres et dodo à Tigua, centre artistique indien. Le dernier jour sera très sport, puisque la jeunesse veut passer par le parc du Cotopaxi et nous sommes aussi désireux de (re)voir le volcan dans de meilleures conditions météo que la dernière fois. Et ça marche! Nous sommes ramenés au point de départ par nos supporters, notre chauffeur (Arthur), notre détective de bons plans (Corinne), notre guide-interprète (Sarah), ce qui fait que nous passons un vol bien reposant, avant de retrouver la neige suisse en arrivant à Fribourg, accueillis par Patricia et Jean-Jacques heureux d’avoir des nouvelles récentes des deux cyclonautes et d’entendre un récit de voyage qui leur rappelle le leur, celui de l’été!

Jean-Bernard & Nicole pour le texte | 18 décembre 2017 | Marly | nombreux kilomètres en voiture, à pied et en snorkeling!
Sarah & Arthur pour les photos et légendes (sauf mention contraire)

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La cascade de la communauté indienne de Peguche avec Fabrizio notre guide-accompagnant. [JB]
La quintessence de l’Equateur andin à Quilitoa. [JB]
Le magasin d’accessoires pour vélo au marché de Guamote. [JB]
Cascades et téléphériques pour deux Suisses en voyage près de Baños. [Alexandra]
En route vers la cascade du diable avec Alexandra. [JB]
A Baños, la famille Vargas nous dit au revoir (hôtel Donde Ivan). [Alexandra]

La vierge ailée de Quito garde un œil bienveillant sur sa ville du sommet d’El Panecillo.
Garcia Moreno, rue animée du vieux Quito et plongée dans l’architecture coloniale. En arrière-plan la Basílica del Voto Nacional, au centre la Iglesia de El Sagrario.
A l’église San Francisco, le parking à vélo se trouve à l’intérieur, même en pleine messe!
Foule dans l’expectative devant le palais présidentiel. Tous les lundis, le président vient saluer ses partisans (ses détracteurs sont évidemment tenus à l’écart par les forces de l’ordre) à l’occasion du changement de la garde.
À Mindo, petite virée rafraîchissante. La Tarabita nous emmène au départ d’un sentier ponctué de cascades.
Colibri au repos, c’est rare :-)!
Au Mariposas de Mindo, nous restons pantois devant ces petites bêtes colorées.
La naissance d’un papillon nous fait revivre l’émerveillement de nos enfances.
Et encore un beau bleu pour la route.
Premier contact avec le Pacifique : Sarah, Arthur, Nicole et Corinne. [JB]
A bord d’une barque à moteur, puis d’un canoë, notre guide Francisco nous plonge dans la magie de l’Isla Corazón.
Pour lutter contre le déboisement de leur région au bénéfice de pisciculture de crevettes, les habitants décidèrent de planter des mangroves sur des hauts-fonds sableux, donnant naissance à l’île et à une biodiversité retrouvée.
Les cormorans aussi sont de la partie.
Promenade avant la baignade dans le Pacifique : Tahiti, c’est tout droit! [Nicole]
Vieux loup de mer à la pêche au crabe!
Débarquement de la pêche du jour. Pélicans et frégates sont à l’affût d’une possible inattention…
Ile de la Plata : Fous à pieds bleus, mère et fils SA.
Photo de famille dans l’indifférence du piquero patas azules.
C’est quoi ton problème?!?
Jeu d’équilibre.
Pittoresque île de la Plata.
Une tortue nous invite à la rejoindre dans l’océan, vamos!
Les lions de mer prennent la pose devant les falaises argentées de l’île de la Plata.
Dernier matin à l’hacienda de Tigua. [Nicole]
Le Cotopaxi et son écharpe de brume, pour finir en beauté!

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