Frailejones en fleurs

Quito (04.12.17) – Rumichaca, frontière équato-colombienne (11.12.17)

5h30, le réveil sonne. A 6h, les deux moteurs hors-bord de la lancha publica commencent à tourner à plein régime. Durant 9h, nous remontons le río Napo et le film de nos souvenirs défile à l’envers. Arrivés à Coca, nous enchaînons avec 8h de bus pour enfin arriver à notre hôtel vers minuit. Résultat des courses: 18h pour 600km. Pendant ce temps, Laurent couvre tranquillement les quelques 10’000km qui relient Estavayer à Quito en 24h… Et donc, au matin du 4 décembre, c’est avec une sacrée joie que nous retrouvons Laurent, son vélo et… une sacrée quantité de fromages, chocolats, biscuits de Noël et un petit Lagavulin pour faire descendre le tout! Les protagonistes se reconnaîtront, un grand merci à vous!

Moins de 300 kilomètres nous séparent de la Colombie, j’avais donc prévu quatre ou cinq jours de balade. C’était sans compter un terrain relativement exigeant, assez joueur et plein de surprises! En sortant de Quito, nous suivons tout d’abord une ancienne voie ferrée nouvellement aménagée en piste cyclable. Dans une topographie accidentée, le tracé zigzague sympathiquement afin de rester le plus plat possible. Souvent, nous roulons entre deux parois rocheuses, trace du dynamitage effréné de l’époque. Puis une rude montée nous mène jusqu’aux magnifiques lagunes de Mojanda, suivie d’une longue descente sur pavés bien mal équarris. Nous laissons filer quelques bars de nos pneumatiques afin de pouvoir descendre comme des balles, avec cependant un léger sentiment de flottement…
Depuis Ibarra, nous avons le choix entre deux pistes pour continuer vers le nord. Nous prenons la plus directe et lorsque nous arrivons au sommet, une villageoise nous demande: « Vous allez descendre par là? Avec toutes ces sacoches?? Faites attention à ne pas tomber… » Plus loin, un panneau enduro y downhill nous montre la voie à suivre et l’état d’esprit à adopter… Ce sera donc du singletrack! Très joueuse au début, la trace descend de colline en colline. Mais parfois le terrain est tellement raide que nous devons marcher à côté de nos vélos. Puis le sable fait son entrée en scène et les choses commencent à se compliquer. Après la rivière, la remontée dans du sable pulvérulent et deux crevaisons coup sur coup mettent fin à nos rires du matin! C’est donc bien entamés, mais heureux quand même que nous posons la tente en début d’après-midi!
A El Angel, nous trouvons refuge dans un hôtel qui loue aussi des chambres à l’heure: 15 dollars pour 3 heures. Non pas pour des prostituées et leurs clients, mais pour de jeunes couples en quête d’intimité, qui nous saluent discrètement le regard gêné… Pas facile de s’épanouir pleinement sur ce plan, quand on grandit dans une grande famille et que l’on vit à plusieurs dans la même pièce.
Le lendemain nous continuons à monter jusqu’à la réserve naturelle d’El Angel (~3700m), connue pour ses fameux frailejones et ses lagunes. La nature se révélera spectaculaire, sans aucun doute un des plus beaux coins en Equateur! Quant à la piste pour Tulcán, boueuse à souhait et un peu taquine, elle clora en beauté ce chapitre équatorien!

Habitués aux frontières de routes secondaires, qu’elle n’est pas notre surprise en arrivant à Rumichaca! La foule fourmille dans tous les sens, des files d’attente se forment dès le petit matin pour les deux pays. Nous patientons donc une heure pour le tampon de sortie équatorien et trois heures pour le colombien! S’il y a autant de monde, c’est en grande partie « à cause » des nombreux Vénézuéliens qui quittent chaque jour leur pays et son gouvernement en quête d’une vie meilleure et d’un travail. Les douaniers parlent de 400 émigrés par jour… La plupart que nous rencontrons souhaitent descendre jusqu’à Lima, certains tenteront leur chance en Equateur. Ils font l’intégralité du trajet en bus, plus de 4000 kilomètres pour atteindre Lima… Malgré les circonstances, ils sont plutôt jovials et souriants, certainement soulagés d’avoir quitté une situation précaire et intenable, mais probablement pas encore conscients de leur vie future…

Arthur | 25 janvier 2018 | Riohacha | Kilómetro 19’195

Chemin de traverse entre El Quinche et Guayllabamba.
Jus d’orange bienvenu sur la place centrale de Guayllabamba. [photo Laurent]
En montant vers les lagunes de Mojanda, nous rencontrons ce couple assis au bord de la route. Nous papotons, ils nous font goûter leurs « myrtilles », puis nous posons ensemble. Quand la femme arrive à nos côtés, elle hallucine de nous voir aussi grands et s’esclaffe!
Nous continuons notre bonhomme de chemin sur cette piste soi-disant fermée (voir panneau de la photo précédente).
Chaque dégagement est un plaisir pour les yeux!
Le Fuya Fuya (4280m) montre le bout de son nez!
Avec la végétation luxuriante et une topographie accidentée, pas facile de poser les tentes. Ce soir, nous nous installons littéralement au bord de la « route », agréablement herbeuse à cet endroit précis… [photo Laurent]
Le lendemain nous continuons à travers champ!
On se croirait dans les Préalpes suisses, mais notre souffle court nous rappelle que nous sommes bel et bien en Equateur, à 3600m!
Laguna Caricocha, ~3700m.
Descente sur Chota, ce sera en mode singletrack-sacoches!
Sur la droite, les nombreuses traces laissées par les motos.
On se balade…
… on imagine la quantité d’eau qu’il doit y avoir durant la saison des pluies…
… on prend un sacré plaisir…
… on planifie la suite en se disant que ça a l’air moins évident (il y a plusieurs traces possibles)…
… on commence à travailler pour de bon, certains passages sont assez accidentés pour nos vélos chargés…
… et on continue en mode freestyle! Pour un premier voyage à vélo, Laurent trouve assez vite ses marques et se balade comme un poisson dans l’eau! Mais aujourd’hui, survolté, il fait quelques bulles, se mue en poisson volant et s’en sort avec quelques bouts de cactus plantés dans le coude! 😉
Les fameux pavés équatoriens mal équarris nous mènent tant bien que mal vers le páramo de las lagunas, au-dessus d’El Angel.
Réserve naturelle d’El Angel (~3700m), unique endroit du pays où poussent les fameux frailejones, en l’occurrence par milliers!
Frailejones en fleurs.
Une petite marche nous mène à la lagune d’El Voladero, véritable petit coin de paradis, à condition d’aimer la pluie!
Puis le ciel bleu revient et nous offre un peu de dégagement…

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