A saute-frontières 

Puerto Montt (03.03.17) – Concepción (25.03.17)

En arrivant à Puerto Montt, nous sommes ravis de reprendre la selle et passer quelques semaines de « vacances » dans la région des lacs, au Chili comme en Argentine. Du beau, du chaud et des routes aux profils cléments. Eh oui! C’est comme ça que nous nous imaginons notre remontée jusqu’au Parc Naturel Conguillio. La première partie de l’itinéraire est assez clair: nous prévoyons de longer le lac de Llanquihue jusqu’à Puerto Octay, puis tirer jusqu’à Entre Lagos avant de retourner en Argentine par le Paso Cardenal A. Samoré (1321 m) pour emprunter la fameuse Ruta de los Siete Lagos jusqu’à San Martín de los Andes. Au départ tout est pour le mieux, les paysages sont charmants, font penser un peu à la Suisse à part qu’ils ont remplacé nos montagnes granitiques par le cône parfait du volcan Osorno. Par contre il ne fait pas aussi chaud que pensé. Le soir, nous ne sautons pas tête la première dans les lacs mais rajoutons plutôt un pull. La fatigue se fait aussi sentir. Il y avait beaucoup trop de choses à faire au cours de cette croisière :-)!

A Frutillar, nous tombons sur une charmante loueuse de vélos, qui nous indique une auberge à Puerto Octay, faisant office de camping pour les cyclovoyageurs. Et en effet sur la façade de l’auberge Triwe, la mention « bike friendly » écrit en grand, semble de bon augure pour la suite :-). Grand bien nous a pris de nous arrêter ici. Nous sommes accueillis avec beaucoup de bienveillance. Les chambres sont trop chères pour nous, mais les propriétaires autorisent les voyageurs à vélo (et uniquement à vélo) à s’installer dans leur jardin! Fernando, le patron, nous propose même de cuisiner à l’intérieur malgré la petite table prévue à l’extérieur à cet effet… A l’heure du souper, nous débarquons donc dans la cuisine, où Claudia s’affaire déjà. Elle ne semble pas au courant des propositions de son mari et peu encline à nous laisser son royaume… Mais bon, elle ne peut pas revenir sur une décision de son homme. Finalement, elle nous adopte et prend les choses en main! Elle récupère nos pâtes et notre sauce tomate, rajoute du crabe et des crevettes et cuisine pour nous quatre. Le tout agrémenté par une bonne bouteille de vin. Nous passons une excellente soirée! Le lendemain nous faisons partie de la famille… Claudia nous laisse libre accès à sa cuisine, nous met sa machine à laver à disposition et nous cuisine du saumon pour le dîner en échange d’accueillir deux Allemands à l’auberge, pendant qu’elle amène Fernando à l’aéroport! Ainsi nous passons deux jours très agréables à Puerto Octay et repartons totalement requinqués.

Deux jours plus tard, nous entamons l’ascension du col Cardenal Samoré. Pour le moment, le temps a l’air de tenir malgré les prévisions plutôt mitigées. Avant le col à proprement parlé, la route s’amuse avec le relief et nous accumulons déjà 500 m de dénivelée! Lorsque la montée, la vraie commence, les jambes ne sont déjà plus toutes fraîches. Ça va être rude après tout le plat de Patagonie… Heureusement, les 50 plus belles chansons de Brel vont nous aider à venir à bout des 1200 m de montée supplémentaires!

Les vacances! Petit maté au camping « Los Copihues », au bord du lac Puyehue
Enfin en haut!!! Ne reste plus qu’à redescendre…

En Argentine les « vacances » sont déjà finies. S’il ne pleut pas sans arrêt, le ciel maussade a complètement caché les sommets alentours et empêche les lacs de nous présenter leurs plus belles couleurs… La Ruta de los Siete Lagos n’aura pas répondu à nos attentes. Dommage!

Nous qui voulions vivre de nouvelles expériences, découvrir de nouveaux horizons,… Nous voilà de retour en Patagonie!
Sur les derniers kilomètres de la Ruta de Los Siete Lagos avant San Martín, le soleil se bat pour nous rendre la vue plus belle. Malheureusement, peu après, la pluie l’emportera!

Arrivés à San Martín de los Andes sous des trombes d’eau, nous avons le plaisir de tomber sur Marc à l’office du tourisme, quelle bonne surprise! Nous avions passé Nouvel An à Cochrane avec ce sympathique gars de Winterthour, cyclotouristes comme nous! Aussi nous prenons une chambre ensemble dans une auberge du centre. Ursula et Mathias, nos amis suisses déjà retrouvés à El Chaltén, sont eux arrivés hier! La météo étant passée de maussade à exécrable ces deux derniers jours, nous nous installons confortablement à l’auberge et attendons deux jours de plus que la pluie veuille bien cesser, ne mettant le nez dehors uniquement pour faire des courses et goûter aux bons gâteaux du coin. Nous avons de toute façon assez de choses à faire pour nous occuper, entre les déclarations d’impôts à remplir, de la couture et autres calculs d’itinéraires… A cinq, nous passons aussi d’excellentes soirées à cuisiner et refaire le monde.

Atelier couture à San Martín de Los Andes. Avec du métal?!

De San Martín, les possibilités pour retourner au Chili sont multiples et chacun d’entre nous voit les choses différemment… Ursula et Mathias penchent pour la variante avec ferry par le Paso Huahum (659 m), Marc aimerait se retrouver face à un dernier paysage de pampa avant de rentrer en Suisse et pousse encore un peu vers le Nord. Notre choix se porte sur le col de Carirriñe (1148 m), traversant le parc Lanín! Nous nous séparons donc avec l’impression que ce ne sera pas pour longtemps… La jolie route du parc, peu fréquentée, est idéale à faire à vélo. Avec le soleil, les lacs ont retrouvé leur couleur turquoise et nous traversons de fières forêts dans la bonne humeur!

Une piste comme je les aime, dans la montée du col de Carirriñe.
Les lacs ont retrouvé de leur superbe au soleil
Dommage, on se serait bien baigné, mais si c’est froid et profond, on laisse tomber!

Le deuxième jour, toujours sous un soleil resplendissant, nous passons la frontière et entrons pour la 5ème fois au Chili. Nous connaissons donc la chanson: « il est interdit d’importer des produits frais au Chili! » et mangeons donc tout ce que nous pouvons. Seul un oignon et quelques fruits secs pourraient être incriminés… Je cache le premier dans une chaussure et Arthur prend les raisins dans ses poches. Un peu plus loin, le poste frontière est flambant neuf. Deux douaniers et deux agents du service de l’agriculture attendent que quelqu’un veuille bien passer. Nous remplissons les formalités d’usage et recevons l’ordre d’ouvrir toutes nos sacoches… Toutes?! Ça sent le roussi! Mon oignon pourrait coûter cher. Arthur qui n’a rien à se reprocher, s’empresse d’ouvrir ses sacoches, qui vont être littéralement passées au peigne fin. Chaque sac d’habits, chaque boîte à outils sont contrôlés. Ils iront jusqu’à « googler » tous nos médicaments un à un… Dans les mains d’un douanier beaucoup moins consciencieux, mes sacoches sont à peine ouvertes… La prochaine fois nous ne prendrons pas de risque pour un oignon! Avec tout ça, nous ne sommes pas en avance sur le programme de la journée et la mauvaise piste chilienne ne rend pas la descente tellement aisée. Arthur, dans un crissement de rayons inquiétant, perd même une sacoche avant. Après contrôle, nous voilà rassurés, les rayons n’ont rien, seule une pièce d’adaptation du crochet de la sacoche reste introuvable. Nous la cherchons pendant plus d’une demie-heure sans succès, mais sans trop de conséquence non plus, puisque nous en avons une de rechange. A Liquiñe, la fatigue fait surface et la mention d’un camping thermal nous interpelle. La tentation est trop grande et nous nous arrêtons. Le petit bassin d’eau thermale est parfait pour ce que nous avons et ainsi terminer la journée sur une note positive. Fuyant de plus en plus les endroits très touristiques, nous ne prenons pas la peine de faire l’aller-retour jusqu’à Pucon, mais continuons directement au nord après une bonne pause au bord du lac Villarica. Dans iOverlander, une application interactive pour voyageurs avec des indications sur les spots de campings officiels comme sauvages, nous trouvons la mention d’un belvédère avec possibilité de s’installer pour la nuit. Situé à 32 km et 600 m de dénivelée, nous devrions y être sans problème pour le coucher du soleil. Au début tout va bien, nous voyons filer les kilomètres d’asphalte, puis plus lentement ceux de ripio sans prendre tellement d’altitude… et finissons par prendre peur! Il reste 3 km, 350m à monter et la piste est de plus en plus mauvaise! Nous finirons la journée poussant les vélos dans ces pentes bien raides. Un kilomètre avant le point de vue, nous craquons et ouvrons un paquet de biscuits! Il nous faudra bien ça pour arriver en haut… Mais la vue imprenable sur le Villarica et la vallée vaut son pesant d’or! Nous arrivons au dernier moment pour voir le soleil passer derrière l’horizon et assister au spectacle. Le Mirador du Lago Huilipilún est constitué d’une plateforme couverte, idéale pour camper. D’abord peu motivée par crainte des animaux, Arthur me convainc de laisser tomber la tente. J’accepte, puis me fais une sacrée frayeur. Alors que je soulage ma vessie avant la nuit, un pudu entre dans le faisceau de ma lampe frontale. Accroupie, il me semble être une bête énorme et je prends peur, avant de me rendre compte de l’erreur! Au final, il a dû être encore plus inquiété que moi. Nous rigolons donc un bon coup et nous couchons sous le beau ciel étoilé!

Vue reposante sur le Villarica et son lac
Un belvédère ça se mérite… Encore quelques efforts avant le sommet!
Une plateforme idéale pour du camping sauvage!
Il était temps d’arriver… mais nous sommes bien récompensés pour nos efforts!
Le Villarica fumant à la tombée du jour…

A Melipeuco, le « CH » collé sur le pare-boue d’Arthur nous attire à nouveau de bonnes grâces. Nous sommes repérés par Michi et Edy et ainsi, commence l’aventure. Edy, de père suisse et mère argentine a décidé de s’installer au Chili avec son frère il y a 5 ans. Sur leur terrain de 120 hectares, ils ont déjà construit leur maison et un hangar pour les machines à la force du poignet. Petit à petit, d’autres idées pour l’exploitation voient le jour: planter des arbres à maqui ou à avellanas, noisettes chiliennes très prisées ici. Michi, un copain d’enfance, profite de ses vacances pour lui rendre visite. Ils se sont déplacés jusqu’ici pour remonter une rivière et atteindre la source d’eau chaude dite geyser de Alpehue. A les entendre: une expérience inoubliable! En attendant, ils nous prennent sous leurs ailes. Pas besoin de monter la tente ce soir, nous sommes invités à partager leur cabaña, petite maison louée dans les campings. Le lendemain, nous partons tous ensemble dans la bagnole d’Edy, une vieille Suzuki Samurai. Son frère, déjà venu il y a quelques temps, à donné des indications assez précises pour trouver le départ du chemin, ce qui ne nous empêchera pas de nous tromper une fois avant d’atteindre le point d’accès à la rivière. Très vite, il faut entrer dans l’eau, le chemin passant d’une rive à l’autre en permanence. Et là déjà, 7 km environ en aval de la source, la température de l’eau et très agréable ;-)! Le cheminement est facile à trouver tant il y a de cairns, mais nous avons tout de même l’impression d’être seuls au monde et nous prenons rapidement pour les explorateurs d’un nouvel univers. Les paysages sont grandioses, la roche fume de part et d’autre de la rivière et révèle des couleurs extraordinaires. Plus nous montons, plus l’eau se réchauffe, jusqu’à atteindre la source. Là, des sortes de bassins ont été aménagés à l’aide de cailloux, mais nous n’en profiterons pas beaucoup tant l’eau est brûlante. Edy est un peu pressé par le temps, organisation de l’asado (nom désignant les monstres grillades organisées au Chili comme en Argentine) du lendemain oblige… Mais, comme tout bon Argentin, accepte de boire encore un maté dans ce cadre idyllique, avant de redescendre. Une journée définitivement inoubliable!

Avec Michi, à la recherche des sources de l’Alpehue!
Premiers signes de réchauffement significatif
Une journée extraordinaire, toute en simplicité et joie de vivre! Merci Michi, merci Edy!

Melipeuco est aussi l’entrée du Parc Naturel de Conguillio. La première fois que nous avons entendu le nom de ce parc comme étant le plus beau du Chili, nous étions en Patagonie, chez notre ami Cesar, à quelques 800 kilomètres à vol d’oiseau d’ici… Aussi nous sommes impatients de le découvrir. Comme pour nous, le parc fait partie du programme de nos amis suisses de San Martín de los Andes. Et pas manqué! Au camping, nous retrouvons la trace de Marc, passé ici un jour avant nous. Dommage! Ursula et Mathias, eux, sont arrivés à Melipeuco le jour de notre expédition aux sources. Ainsi nous reprenons la route ensemble! Le Llaima est la super star du parc. Volcan très actif, il a façonné les paysages au fil de ses éruptions. Nous nous retrouvons sur une autre planète. Les araucarias, arbres parasols typiques de cette région ont colonisé les zones épargnées par le volcan. Ces paysages nous les attendions depuis longtemps ;-)!

Calme pour l’instant, le volcan Llaima est l’un de plus actifs du Chili.
Les paysages lunaires ont été façonnés par les éruptions successives du Llaima. En 2008, une coulée de 600 m s’est formée, détruisant tout sur son passage.
Les araucarias, arbres typiques de la région, sont aussi un symbole du Chili. Ils sont représentés sur les billets de 2000 pesos chiliens
Avec Arthur, nous profitons du beau temps pour grimper un peu et atteindre le belvédère de la Sierra Nevada, à l’intérieur du parc.
Petite pause au belvédère, où nous passons du bon temps
Rencontre poilue dans la descente… Plus jamais je ne dormirai à la belle étoile dans cette région!
Nos tentes jumelles enfin réunies, nous posons pour la prochaine pub Exped 🙂

Conguillio sonne la fin de notre remontée à l’ouest de la route 5, autoroute traversant le Chili du Nord au Sud. Pour continuer notre progression vers le Nord, nous virons complètement de bord et traversons le pays jusqu’à Concepción et la côte pacifique. Cette région beaucoup moins touristique va nous compliquer un peu la tâche. Malgré leurs noms enchanteurs (comme la route du bois), les routes sont surchargées de camions et les bas-côtés sont en mauvais état ou tout simplement inexistants. Les campings aussi se sont raréfiés et il faut faire preuve d’inventivité pour trouver des endroits, où planter nos tentes. Ainsi, un soir, après avoir demandé à quatre reprises un coin de jardin, on nous indique une plage publique, au bord d’un cours d’eau traversant Angol. L’endroit n’a pas tellement de charme mais nous pouvons nous décrasser dans la rivière et passons une bonne soirée tous les quatre! La nuit, par contre ne fut pas de tout repos, un rodéo de bagnoles s’étant improvisé sur la route à proximité de nos tentes…

Sur la Ruta 5: nous avons décidé de nous rendre au Nord!
Ambiance décontractée dans les rues de Collipulli
A proximité d’Angol: la plage publique où nous nous installons pour la nuit

Le lendemain, l’heure de se poser approchant, nous cherchons une petite place pour nous installer. Il nous faut aussi de l’eau! Nous tentons d’abord notre chance dans une forêt aux abords d’un cimetière, pensant qu’il y aurait un peu d’eau courante pour un brin de toilette! Comme ce n’est pas le cas nous reprenons la route! Un peu plus loin une pancarte « hosteria » attire notre attention! La propriétaire nous explique qu’il n’y a pas de chambres ici mais que nous pouvons camper en contre-bas. Nous nous empressons d’aller voir. Il y aurait bien un peu de place, mais nous lorgnons quand même l’herbe de la voisine lorsque celle-ci sort de sa maison. Patricia est en fait la fille de la patronne de l’hosteria et nous propose tout naturellement de nous installer chez elle. Dans son jardin, se trouve même une piscine. Ça remplacera la douche! Elle la videra le weekend qui vient nous dit-elle. Pas de problème si nous rendons l’eau trouble! Pendant notre baignade, Patricia nous prépare encore des jus de myrtilles puis s’en va avec son fils, nous laissant sa maison à disposition. Finalement nous nous installons confortablement sous son avant-toit, sans tente, les quatre matelas côte à côte. Nous n’aurons pas eu beaucoup de temps pour discuter avec elle, mais aurons reçu une telle énergie positive qu’il sera facile d’arriver à Concepción.

Confortablement installés sur la terrasse de Patricia. Nous nous sentons spécialement privilégiés et heureux de vivre de telles expériences au cours de ce voyage.

Après avoir longé le fleuve Biobío, nous arrivons enfin à destination, Concepción. Non sans mal, car la route était passablement chargée de camions. Nous nous installons dans un petit hôtel et profitons de l’ambiance chaleureuse et vivante de l’endroit. 2ème ville du pays, Concepción a l’énergie de ses étudiants, jeune et active. Nous prenons plaisir à observer les universitaires, prendre un café puis une bière dans cet endroit où il n’y a pas grand chose à faire sinon se laisser vivre. Le soir, nous retrouvons nos compatriotes dans un bar où se joue de la musique live. Deux groupes se succèdent sur une musique rock voire hard-rock pour notre plus grand plaisir. Cette ville nous aura fait le plus grand bien et nous repartons sous la pluie mais le corps chargé d’énergie pour notre prochaine étape: le slow-up du Pacifique!

Sarah | 28 avril 2017 | Villa Unión | Kilómetro 9’130

Dernier jour avant Concepción: le Rio Biobío nous indique la route à prendre?
Chargés comme nous sommes, la comparaison avec les mules n’est pas impossible, mais nous ne rencontrerons aucun problème pour circuler dans les heures interdites!
De l’autre côté du pont… Concepción! Et quelques jours de repos 🙂
Un peu de nostalgie sur le campus universitaire…
Ouh! Il est temps de perdre du poids! Manger moins ou faire plus de vélo 🙂
Il n’a pas l’air tellement à son affaire l’ingénieur du son!
Un peu de rock dans ce monde de brute, ça fait du bien!

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