Cul-de-sac!

Cochrane (30.12.2016) – El Calafate (21.01.2017)

Cochrane, Caleta Tortel, Caleta Yungay, Villa O’Higgins… Les derniers villages et hameaux de la Carretera Austral défilent au rythme du pédalier. Les degrés de latitude augmentent imperceptiblement, les degrés Celsius jouent aux montagnes russes… Quant à la route, elle dégage enfin son côté authentique qui attire les cyclistes des quatre coins du monde: ripio (piste) de 4-5 mètres de large, vallonné à souhait, entre 10 et 20 véhicules par jour. Il faut dire que Villa O’Higgins est synonyme de cul-de-sac! Le dernier embranchement pour l’Argentine se trouve à 240 kilomètres de là. Un cul-de-sac, vraiment? Certes, sauf pour les piétons et autres amoureux de la petite reine! En effet, en combinant deux traversées de lacs, une sèche montée sur du ripio sportif et une sympathique descente peu adaptée à la pratique de la bicyclette, le passage sur El Chalten (Argentine) est possible!

Mais avant d’aller plus loin, parlons un peu de nos collègues de travail, à savoir les autres cyclonautes! L’appel de la Carretera est fort et comme les possibilités de dormir dans des endroits civilisé ne sont pas légion, les rencontres entre cyclistes sont nombreuses. Aussi, une des première question qui surgit est: vas al Sur o al Norte? Dans tous les cas la réponse sera bonne à prendre: si nos chemins se croisent, c’est l’occasion de choper des infos pour la suite, s’ils concordent, peut-être que nous nous reverrons… Souvent, nous roulons seuls la journée et le soir, nous nous retrouvons. C’est ainsi qu’à Villa O’Higgins, nous nous retrouvons à sept, pour partager de bons moments, un peu comme une grande famille! Ça parle anglais, espagnol, allemand, français… Grâce aux trois italiens du groupe (dont Enrico que nous connaissons depuis le soir de Noël, grand passionné des Alpes…) nous sommes aux petits soins: risotto à la courge, spaghetti carbonara, pizza avec pâte maison… Dirk l’Allemand s’occupe des bières, Keir, l’Ecossais parti 14 mois auparavant de Colombie, craque sur une bouteille de whisky. Nous complétons le tout avec du vin rouge…

Revenons à la fameuse traversée sur El Chalten: comme il n’y a que trois bateaux par semaine pour le premier lac, nous repartons tous ensemble sous un ciel magnifique. Le groupe a encore enflé: trois soleurois et deux Gruériens se joignent à nous. 7 Suisses sur 12, vous avez dit surreprésentation?!

Le Lago O’Higgins, au pied du Hielo Sur, se dévoile dans toute sa splendeur au rythme du promène-couillons. Nous faisons l’aller-retour entre les icebergs jusqu’au glacier O’Higgins, mur de glace de plusieurs dizaines de mètres venant chatouiller le lac. Parfois d’énormes blocs de glace se détachent et atterrissent dans l’eau avec fracas. Dirk s’occupe de faire l’écho en jurant, car il loupe de jolies photos à faire… Le capitaine nous dit que la dernière fois qu’il faisait aussi beau, c’était le 14 octobre, nous sommes le 7 janvier… Large sourire…

De retour sur la terre ferme, après un petit stempfel dans nos passeports, nous nous remettons en selle direction El Chalten. Il y a un col à passer, et soudain le Fitz Roy surgit à l’horizon entre deux arbres, que du bonheur! Le soir, camping sauvage à 12 cyclistes non loin de la piste. Les Suisses passent pour de bons vivants: les soleurois ont de la bière, Serge et Alexandra du vin, nous aussi…

Le lendemain, nous attaquons la descente sur l’Argentine… à pied! En effet, le gouvernement argentin ne veut pas construire de route ici, apparement pour préserver la faune et la flore. C’est donc 6 kilomètres de sentier pédestre à travers la forêt qui nous attendent avec des rivières à traverser, pas mal de boue, des grosses racines et autres pierres, bref très ludique avec des montures de 40 kg! Et tout d’un coup, paf une belle vue sur le Lago Desierto, tel un fjord norvégien! Après une courte traversée, place aux derniers kilomètres de ripio dégueulasse et nous voilà enfin à El Chalten!

El Chalten… Le choc est grand! J’ai l’impression qu’il y a plus de bars, restos et auberges que d’habitations autochtones. Certains bars crachent de la musique sur leur terrasse, les backpackers affluent par bus entiers ou en auto-stop, parfois les Argentins nous répondent en anglais quand nous prenons la peine de leur parler en espagnol (certes non sans peine, mais quand même!), bref l’usine à touristes est lancée à plein régime et nous regrettons le calme chilien. Surtout que les infrastructures ne sont pas à la hauteur! Bancomat souvent vide, étalages bien tristes, une toilette pour 20 personnes dans les campings… Après une journée de pause, nous allons nous réfugier cinq jours dans les montagnes, afin d’admirer les mondialement connus Fitz Roy et Cerro Torre!

Puis nous reprenons la route pour El Calafate et le fameux glacier Perito Moreno. Ah oui, il y a un changement de taille entre la Patagonie chilienne et argentine: au Chili il pleut, en Argentine il vente (d’Ouest en Est). Aussi nous quittons El Chalten avec un réacteur au cul: 90 kilomètres en 3 heures! Après 125 kilomètres, nous dormons dans la casa rosa, ancien restaurant à l’abandon, squat bien connu des cyclotouristes de passage. Les murs sont remplis de signatures et commentaires du monde entier! Le lendemain, le retour de manivelle se fera sentir: 4 heures pour les 32 kilomètres avant El Calafate. Heureusement nous rencontrons en chemin Céline et Jérôme, ce qui nous permettra de faire des relais à quatre. En selle depuis Quito, tous deux ingénieurs civils, le contact passe très bien et nous décidons de passer quelques jours ensemble à El Calafate. Il s’avèrera même que Céline a passé tous ses étés à l’hôtel Sunways de Champex étant petite, ah le monde est petit! Voilà, après avoir visité le Perito Moreno et dégusté une fondue fraîchement arrivée de Suisse (doux euphémisme), il est l’heure de repartir pour Puerto Natales, le parc de Torres del Paine et qui sait, peut-être même Ushuaia…

Bien à vous!

Arthur | 21 janvier 2017 | El Calafate | Kilometro 5’200

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La fin d’une belle étape, on vous la recommande chaudement!
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Lago O’Higgins et une partie du Hielo Sur. A noter sur la gauche la moraine latérale de l’ancien glacier qui a laissé sa place au lac.
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Iceberg en provenance du glacier O’Higgins.
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Lac et glacier O’Higgins.
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La fine équipe de cyclistes: Luca, Maria, Keir, Sarah, Arthur, Enrico et Dirk.
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Tatadaa, le Fitz Roy pointe le bout de son nez!
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Typique patagonien…
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Camping sauvage à 12, un record!
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Argentine, nous revoilà!
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Souvent, faut se battre…
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Parfois, on peut rouler…
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Heureusement, les sacoches sont étanches!
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Le Lago Desierto, tel un fjord norvégien.
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Balade au dessus d’El Chalten. A gauche, le Fitz Roy.
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Le Cerro Torre joue à cache-cache. Nuit de pleine lune.
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Le soleil a remplacé la lune, le Torre se fait toujours désirer…
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Ahah, on voit le sommet!
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Aguja Rafael Juarez, Aguja Poincenot y Cerro Fitz Roy.
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La chaîne complète avec le lac de los Tres.
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Laguna Piedras Blancas.
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Chau El Chalten!
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La casa rosa, parfait squat pour cyclonautes…
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Bordel, ils sont où ces palmiers??
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Glacier Perito Moreno, qu’on ne présente plus.
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Attention, glace en chute libre…
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… et plouf!

3 commentaires sur “Cul-de-sac!

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  1. Vos splendides photos de de l’argentine et du chili nous donnent des idées pour nos futurs voyages . Et encore bravo !
    Bernadette du Machu Picchu.

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